
Pas d’update pendant deux semaines. Je pars à l’autre bout du monde pour ma chasse annuelle au paradis du disque.
Bien entendu, je ramènerai, en plus de mon 25 kilos de galettes réglementaire, quelques photos des disquaires de là-bas. Si tu suis assidûment ce blog de merde, tu es déjà au fait de mes pérégrinations. Il est d’ailleurs probable que je fasse doublon avec certains articles passés (comme celui sur RecoFan ou bien celui sur le Disk Union de Shibuya). C’est pas grave, les images n’en seront que plus belles et mettront en valeur ma “plume passionnée et sarcastique”.
Puis je sais que t’aimes le record porn, sale geek.

Si ce quatre titres se veut un teaser de l’album à venir, nul doute que le prochain long player d’Eddy La Gooyatsh risque de tout défoncer sur son passage. Sérieusement. Trois nouveaux morceaux absolument parfaits, que ce soit dans l’écriture (du couplet/refrain de haute volée, des textes pertinents aux rimes toujours à-propos, poétiques et jamais bêtes) ou dans l’arrangement (Eddy est un maniaque, un perfectionniste, un mec qui connaît son sujet sur le bout des doigts). Et puis une reprise de NIAGARA (L’Amour A La Plage, what else ?) modernisée avec intelligence, rappelant un french ELECTRIC SIX, new wave rock dansant et pas putassier pour un sou. Eddy sois bon, ponds nous ce putain de disque que l’on attend depuis Le Vélo, histoire de te mettre définitivement en orbite puis en rotation sur les radios de France et de Navarre. Débarrasse-nous de cette chanson française horrible et moribonde qui gangrène notre pays depuis bien trop longtemps. Impose ta pop anglaise si belle quand elle est chantée dans la langue de Molière (et non dans “la mangue de Lolière”). Ton sourire pince-sans-rire et ton regard décidé sur cette pochette iconique en disent long sur tes plans à venir.

Tu veux une anecdote marrante ? L’un des premiers concerts de Mell (si ce n’est le premier) a eu lieu à Maizières Les Metz, en première partie de DEAD FOR A MINUTE et STRONG AS TEN, lors du mythique festival punk Les Ecaréennes (plus sûr de l’orthographe). C’était il y a très longtemps, tu imagines bien. Elle a fait un sacré chemin depuis, tu t’en doutes. Nous, on est restés là, à bricoler nos trucs dans notre coin, tout en gardant un oeil sur elle et ses péripéties. Les albums sur Mon Slip, les tournées incessantes, les collaborations avec Kid Congo et Toby Dammit, les galères et les remises en question. Ce Relation Cheap semble avoir été enfanté dans la douleur. Mais je suis heureux qu’il soit arrivé à terme. Car il coule de source. Tout semble limpide. Cette mue. Ce rock. Elle aura mis du temps avant d’y arriver, Mélanie. Maintenant qu’elle y est, je pense qu’elle va y rester. Seule en scène, toutes guitares dehors. Les chansons sont bonnes. Elles sont directes, sans trop de fioritures. Elles ont retrouvé le feu sacré qui faisait parfois défaut à Western Spaghetti. Si elles évoquent tour à tour le rock’n’roll des origines (Eddie Cochran) ainsi que le doowop dont je suis un mordu inconditionnel (Dion, forcément), elles n’oublient jamais les CRAMPS et le GUN CLUB en chemin. Une version simplifiée, guitare/boucleuse, histoire de revenir à l’essentiel. Une évidence. Tout fait sens dans la démarche de Mell. Le titre-jeu de mots, loin d’être facile et cheap, et les textes tourmentés au diapason (l’amour et les gens, encore et toujours). La reprise audacieuse et claire comme l’eau de roche du Succès Fou de Christophe. Et puis Sur Le Départ, odyssée électronique clôturant avec classe et intelligence (contrepied, il me rappellerait presque le morceau qui achèvera le prochain album de TWIN PRICKS, à sortir je ne sais quand) ce court dix titres (moyenne de trois minutes par chanson). A l’écouter et le réécouter, effectivement, je crois qu’il n’y a aucune question à se poser à son sujet. La petite Frisoli (bon ok, elle me dépasse d’une tête) vient de sortir son meilleur album à ce jour. A quand une version vinyle ?
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