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LIVING LA VIDA LOCAL (pt 19)

Le premier album de KUSTON BEATER alias Christophe alias le sosie de Jean-Pierre du Rubis déboule pile-poil au moment où KAVINSKY connaît enfin la consécration avec le succès de la péloche clinique de Winding Refn. Il était temps. Pour les trois. Oui, cela peut te paraître étonnant mais j’aime KAVINSKY. Depuis 1986. Je n’ai qu’une hâte : qu’il sorte un album. En attendant, je me passe le joli disque multicolore de KUSTON BEATER au réveil. Bon, la comparaison s’avère certes quelque peu exagérée. Là où le mystérieux zombie autoroutier se complaît dans un exercice de style étouffant, le Franco-Luxembourgeois étoffe son langage électronique de bleeps animaliers, d’une dynamique afro fiévreuse (Une Fois Dedans, tu me fais plaisir avec ton boogie funk, et tes déhanchés blaxploitation sur Hawksaw Bruton n’y pourront rien changer) et de clins d’yeux divers et variés (A Penis Is A Worm Gum, te faut-il un dessin ?). Différents tout en étant finalement assez proches. Réappropriation des codes d’une décennie donnée et divagations plus ou moins heureuses. Ici, à l’instant où je te cause, ça le fait. Ma tête bouge.

Je suis un peu moins convaincu par le EP du Montréalais MILLIMETRIK. Peut-être parce qu’il ne dure que dix minutes et qu’il me frustre agréablement. Peut-être parce qu’on peut appeler ça du dubstep et que je ne comprends pas cette musique. Peut-être parce que Pascal a le bon goût d’employer (comme son Komparce de label KALIAYEV) de superbes voix féminines mais qu’il ne réussit pas à être à la hauteur avec ses instrus. Pourtant, ça bouillonne de bonnes idées. Mais je sais pas. Y’a quelque chose qui manque. J’aimais beaucoup son précédent album, je reste sur ma faim avec cette nouvelle sortie.

Quid de la compilation Kito Sounds Volume 4 ? Un bon gros pavé de 28 morceaux qui tape dans tous les styles que le label affectionne. Avec bonheur et allégresse. Le premier disque rassemble seize titres inédits des artistes les plus en vue de la maison du chat, des plus jeunes (impressionnant MARTINEZ en ouverture, un morceau des SKANS complètement hallucinant, TÉLÉMAQUE prêt à boxer dans la cour des grands) aux plus vieux (IN CIRCLES et la résurrection de Fred Baus, le doublé-amitié KALIAYEV/MR BIOS, un DOG BLESS YOU lumineux). Les copains ne sont pas en reste (ALONE WITH KING KONG joue sa pop comme il respire, DR GEO crie son amour pour les BLACK KEYS de la plus belle des manières, BEAT FOR SALE déroule un énième tube avec une facilité déconcertante), mais c’est surtout le morceau de FLEO qui me laisse sur le cul. Je ne dirai rien de plus, faudra que tu te démerdes pour l’écouter.
Cadeau-bonux, douze remixes audacieux et partouzards, preuve de l’ouverture d’esprit des Messino-Richemontois (ARABLONDIES, ESPION, SHIZUKA, ZÉRO DEGRÉ, YESTERDAY IS TOMORROW, ROOM et MINUIT font des merveilles).