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BUY OR DIE (pt 17)

68. MATER SUSPIRIA VISION Second Coming (Phantasma Disques) - 12 €
69. MATER SUSPIRIA VISION Inverted Triangle III (Phantasma Disques) - 20 €
Je suis quand même facile à berner, Michelle.
Tu me fous trois meufs un peu barrées dans un studio d’enregistrement, tu me chies un beau petit concept visuel à base de corps dénudés, d’occultimse et de chatoyance colorée, tu presses le tout en 180 grammes et c’est parti. J’achète.
Bon, leurs CD-R tirés à trois copies qui partent à 150 euros sur Discogs, je m’en branle un peu. Mais leurs vinyles, je dois avouer… Je suis client.
Je les ai tous achetés. De beaux objets à regarder. Un véritable supplice à écouter. Une arnaque. Me suis fait avoir par le bout du couteau. J’étais donc pas parti pour réitérer l’expérience. Mais bon, je le répète, je suis facile à berner.
Pour une fois, grand bien m’a pris de faire chauffer mon compte Paypal. Second Coming est en fait un vieux disque sorti en CD-R à cent copies chez Disaro, le scam-label culte de la scène witch house. Premier enregistrement du projet nébuleux de Cosmotropia De Xam (pousse encore un peu et on tapait dans le Visual Kei), celui-ci tient beaucoup mieux la route que ce que j’ai pu entendre par la suite. Très drone/ambiant. Quasi pas de beats poussifs ou de chants ringards. Et un véritable sentiment de malaise qui se dégage dès la première écoute. Oui bon, une fois habitué, c’est aussi inoffensif que du WOLF EYES hein. Mais quand même.
Quand au dernier volet de la Trilogie du Triangle Inversé, ça commence mal. Par un bon gros fail. A trop vouloir bien faire, on fait souvent à côté. Là, pour la peine, faire presser un gatefold c’est bien. Mais imprimer son insert de telle sorte qu’il soit impossible de le rentrer dans la sleeve (trop grand, putain), c’est minable. Heureusement, musicalement, il semblerait que Michael Froller ait appris de ses erreurs. Les plages ambiantes cinématographiques mixées avec intelligence le disputent aux morceaux plus rythmés et intelligibles que par le passé. Ca ne dégueule plus de bleeps abscons et de voix réverbérées jusqu’à l’abus. Enfin si, c’est toujours le cas mais c’est enfin écoutable pour le commun des mortels. Et ça, je veux pas dire mais c’est limite un exploit. Le premier réflexe, une fois le disque terminé, n’est plus de le ranger avec les autres pour ne plus jamais le ressortir, mais bien de l’écouter à nouveau. Histoire d’être sûr.
Je sais, je suis faible mais je trouve ça tellement fascinant…
