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LIVING LA VIDA LOCAL (pt 4)
Tu ne sais pas quoi foutre de ton été ? Les terrasses bondées te saoulent, tout comme les beaufs qui les envahissent ? Viens soutenir la scène musicale locale en t’abreuvant de ses nouvelles sorties, toutes bien entendues disponibles à la Face Cachée et nulle part ailleurs.
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MESA OF THE LOST WOMEN I Remember How Free We Were (Premier Sang Records / 2011)
Le premier truc qui m’a profondément marqué est le titre du disque. Un clin d’oeil d’une mélancolie palpable. La tristesse qui se dégage de cette sentence n’a d’égal que son humour à froid bien dissimulé. Nous étions libres avant. Avant quoi ? Le travail ? L’amour ? Ce disque ? Et qui est ce “nous” dont l’auteur parle ? D’ailleurs, qui est-il également ? Autant d’interrogations que le duo (parfois trio) laisse bien évidemment en suspens. Mais la liberté dont il est question ici n’aurait-elle pas plutôt un rapport avec la musique qui est jouée ? Le “free” de “free jazz” ou “free rock”, voire même “free noise”. Un mélange gravé dans le pétrole à tout jamais. Comme un testament. Ecoutez. Ecoutez bien. Et souvenez-vous à quel point nous (vous inclus) étions libres. Et heureux.
J’étais absent lors du concert au bunker en 2005. Violence des échanges en milieux humides. Chaos rampant. Déliquescent. Ca fait très mal. Aux oreilles et au corps. Tu ressens aussi de la douleur pour eux. Cette performance. Yves qui s’arrache (au sens propre) dans les aigus. Tous les aigus. Christophe qui devient une batterie vivante. On ne fait plus de différence entre l’homme et l’instrument. Thierry qui s’infiltre dans les quelques interstices laissées vacants, ajoutant un peu de sa folie douce. Il n’y a pas de temps mort. Le temps est mort. Avec eux.
J’étais présent lors du concert aux Trinitaires en 2007. Messe noire pour nuit noire. Junko était là aussi. Ses cris retentissent encore dans mon souvenir. Me glacent les sang et m’hérissent l’échine. Une agression. Un viol. Un film d’horreur pure et inaltérée par le spectacle du spectacle. Une symphonie pour guitare et malades mentaux. Une explosion profondément spontanée. Rien n’est préparé. C’est ça, la liberté dont ils parlent. J’existe dans la pureté du son. Jazz mort. Êtres vivants. Être vivant. Et de ce magma sonique émerge une lueur d’espoir. Une beauté en devenir.

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NO DRUM NO MOOG Monomur (Le Kit Corporation / 2011)
Oh Monomur ! Je t’aime, Monomur ! Monomur pour toi durera toute la vie !
Bon voilà, on expédie d’entrée les vannes de merde. Ca c’est fait, comme qui dirait.
Maintenant, le disque. On m’a expressément demander d’être objectif avant d’en démarrer la chronique. Désolé, ça je sais pas faire. ‘fin si mais ça me gonfle. Pourquoi bien faire et se regarder écrire (ou se lire en train d’écrire, ou je ne sais quoi) alors qu’on peut raconter plein de conneries et dire ce que l’on pense ainsi ? Le duo formé par Olivier Culli (dit la Chouette Culotte) et Pierre-Louis Guérard (dit Pilou Guépard), connu sous le nom de NO DRUM NO MOOG (patronyme sujet à de nombreux jeux de mots que les deux gaillards se plaisent à détourner), a officié par le passé au sein des SPIES, de BEESWAX, de DRAIN PUMP BOOSTER, de DDUM SPIRO SPERO ou d’AGHOSTINO avant d’intégrer l’année dernière l’obscur combo straight-edge homosexuel TWIN PRICKS. Gage d’un bon goût certain.
Ici, on est honnête avec le chaland. On ne ment pas sur la marchandise. ‘fin si, pour rire. Mais non en fait. Il y a bien de la batterie (précise, métronomique et inventive, comme sur le contretemps dingo de Toromacho) et du moog (ondoyant, ondulant, mélodique), comme le montre le magnifique artwork à la fois sobre et moderne concocté par les Industries Breakfast. Il y a surtout une alchimie entre les deux loulous. Un truc qui se sentait déjà sur la démo, qui s’est développé en concert (d’ailleurs, les deux derniers m’ont franchement terrassé) et qui trouve son point culminant sur ce premier LP dix titres. Un talent pour écrire des morceaux quasi instrumentaux (Oli pousse parfois la chansonnette ou invite Salima de BEAT FOR SALE pour un featuring hip-hop d’excellente facture) aux mélodies addictives qui restent durablement en tête. Je pourrais citer tout le disque, je vais juste mettre en avant deux morceaux : la reprise de SLOY (Old Faces) qui a mille fois plus de gueule que le Nightclubbing d’Iggy Pop sur le premier LP de ZOMBIE ZOMBIE (Paris est décidément tragique) et l’énorme tube qu’est Sabotage en début de face B et qui renvoie direct TRANS AM à leur culture de fraises.
Petit bémol : le son qui manque peut-être un poil de puissance et de subtilité. Je m’attendais à ce que cela explose dans mes moniteurs, que la caisse claire me claque la peau et que les basses soient tellement basses qu’elles me fassent vomir. La fête est bien là, mais elle n’est pas aussi sauvage que ce à quoi je m’attendais. Bon hé y’a quand même largement de quoi rassasier l’amateur de musique danse intelligente, et je suis pas loin d’affirmer noir sur blanc que ce disque est une réussite.
Ah bah voilà, c’est fait.
